Importance et aire de culture
Principale espèce fruitière cultivée
au Maroc, L'Olivier occupe une surface de 560.000 ha dont
220.000 ha en zone irriguée (Haouz, Tadla, Souss-Massa,
Moulouya, Nador, Boulemane, Oujda, El Kelaâ, Marrakech,
Chichaoua, Bénimellal Ouarzazate, Tafilalet. Figuig,
Essaouira), 200.000 ha en zone de montagne (Chefchaouen,
Taounate, Taza, Tanger, Tétouan, Azilal, Khénifra,
Al Hoceima), 100.000 ha en zone bour favorable (Sefrou, El
Hajeb, Fès, Meknès, Sidi Kacem, Gharb, Loukkos,
Benslimane) et 40.000 ha dispersés entre Safi, Settat,
Khémisset et Khouribga. L'Olivier contribue à
l'emploi en milieu rural avec 11 millions de journées
de travail annuellement. La production d'olive se situe autour
de 560.000 T et permet de générer 50.000 T
d'huiles d'olives et 90.000 T d'olives de table industrielles.
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Exigences agro-écologiques
Les températures, la pluviométrie, le vent
et la lumière.
L'olivier résiste jusqu'à -8 à -10'C
en repos végétatif hivernal Mais à 0
à -1°C, les dégâts peuvent être
très importants sur la floraison. A 35- 38°C,
la croissance végétative s'arrête et
à 4O°C et plus, des brûlures endommagent
l'appareil foliacé et peuvent faire chuter les fruits,
surtout si l'irrigation est insuffisante. Avec 600 mm de
pluie bien répartie, l'olivier végète
et produit normalement. Entre 450 et 600 mm, la production
est possible à condition que les capacités
de rétention en eau du sol soient suffisantes (sol
profond argilo-limoneux). Avec une pluviométrie inférieure
à 200 mm, l'oléiculture est économiquement
non rentable. Les vents chauds au cours de la floraison,
les brouillards et les fortes hygrométries, la grêle
et les gelées printanières sont autant de facteurs
défavorables à la floraison et à la
fructification. L'olivier étant exigeant en lumière,
l'insolation est à considérer dans le choix
de l'orientation des arbres, la densité de plantation
et les tailles d'éclaircie.
Le sol
Le sol doit être profond, perméable, bien équilibré
en éléments fins (50% d'argile + limons) et
50% en éléments grossiers (sables moyens et
grossiers). Le pH peut aller jusqu'à 8 à 8,5
avec, cependant des risques d'induction de carence en fer
et en magnésie (cas de sols trop calcaires).
Les variétés
L'Oléiculture marocaine est constituée à
96% de la variété population "Picholine
marocaine", variété à double fin,
huile et conserve, d'une richesse normale en huile, mais
sensible à la maladie de l'il de paon. Le reste
du patrimoine est constitué de Meslala, olive de conserve,
de Picholine du Languedoc, Dehbia, concentrées essentiellement
en irrigué (Haouz, Tadla, El Kelaâ), Ascolana
dura, Manzanille, Frantoïo, Picual Gordale Sévillane
etc ... Deux clones de Picholine marocaine sont en cours
de diffusion.
Cycle végétatif et productif de l'olivier.
Au cours de son cycle annuel de développement, l'olivier
passe par les phases suivantes: (1) Janvier, février:
induction, initiation et différenciation florale;
(2) courant mars: croissance et développement des
inflorescences à raisselle des feuilles que portent
les rameaux de rannée précédente; (3)
Avril: pleine floraison; (4) Fin Avril-début mai:
fécondation et nouaison des fruits; (5) Juin: début
de développement et grossissement des fruits; (6)
Septembre: véraison; (7) Octobre: maturation du fruit
et son enrichlssement en huile et (8) Mi-Novembre en janvier:
récolte des fruits. La période la plus intense
du cycle annuel se déroule de mars à juin.
Au cours de cette phase, les besoins en eau et en nutriments
de l'arbre sont les plus intenses. La durée de vie
de r olivier s'étale sur plusieurs dizaines d'années
à des siècles. Les rendements sont variables
en fonction de l'âge des arbres, des densités
de plantation et des soins culturaux. Pour des vergers de
400 arbres/ha conduits en irrigué, les rendements
sont de 3 T/ha à 4-5 ans et de 15 T/ha à 8-9
ans.
Les techniques culturales.
Multiplication, plantation et entretien de la culture.
L'olivier se multiplie selon deux types de 1 procédés:
(1) les méthodes traditionnelles. (bouturage ligneux,
division de souchets, ' greffage sur oléastre), et
(2) les méthodes intensives (semis de noyau suivi
de greffage, bouturage semi-ligneux avec traitement hormonal
des boutures, leur élevage en serre équipée
de nébulisation et leur endurcissement en serre d'adaptation).
C'est ce dernier procédé qui tend à
se développer dans les pépinières modernes.
La plantation doit être précédée
d'une étude de faisabilité incluant les contraintes
climatiques, agro-pédologiques et l'analyse des tendances
du marché. Les travaux préparatoires à
la plantation, comprennent la plantation des brise-vent (cyprès,
Casuarina, Olivier Dahbia), un soussalage croisé à
une profondeur de 60-80 cm, répierrage, un labour
moyen (30-40 cm) et un cover-cropage. En culture moderne,
les densités de plantation sont de 6x4 m, soit 416
arbres/ha La fumure de fond se compose respectivement de
5 kg de fumier, de 100 g de superphosphate et 100 g de sulfate
de potasse par pied. Ces apports sont enfouis par un labour
à 30-40 cm de profondeur. L'azote sera apporté
en fin d'hiver (février) à raison de 2 quintaux/ha
de sulfate d'ammoniaque à 21% N et de 2 quintaux/ha
ammonitrate à 33% N en avril. Le désherbage
et l'irrigation seront réalisés dès
la première année. La taille de formation commencera
la 2éme ou 3ème année après plantation.
L'état sanitaire doit aussi être contrôlé.
Entretien du sol et fertilisation.
Au cours de la phase d'installation de l'oliveraie, le sol
devra être maintenu propre par le passage de scarificateur.
Dès la 3ème_4ème année, on pourra
désherber chimiquement les rangs et continuer à
traiter les inter-rangs mécaniquement. On utilise
généralement la Simazine (1 à 2 kg de
ma/ha) associée au gramoxone (Diquatjparaquat) à
1 à 2 l/ha. Ces désherbants agissent sur les
adventices annuelles. Les plantes à rhizomes (Chiendent)
sont traitées avec du Glyphosate à 0,5 à
ll/ha de produit commerciaL Eviter de toucher les feuilles
d'olivier avec ces produits. L'analyse des feuilles, des
fruits et du bois de taille de l'olivier révèle
que les exportations en N P K à la récolte
sont dans l'équilibre suivant 1-1,3/0,35-0,9/1,2.
Compte tenu des pertes par lessivage, de la mobilisation
des réserves par l'arbre lui-même, la fumure
minérale à préconiser pour une oliveraie
(400 arbres/ha) conduite sur un sol pauvre en matière
organique " à 1%) et d'un pH voisin de 8 se présente
comme suit:
-jeunes arbres: 20 à 40 kg de fumier, 80 à
100g d'N/arbre et par année d'âge, 60 à
80 g de P20S/arbre et par année d'âge et 80
à 120 g de K20/arbre et par année d'âge.
-arbres adultes en production: 60 à 80 kg de fumier,
600 à 1500 g d'N par arbre (5 à 7 kg de sulfate
d'ammoniaque), 800 à 1000 g o P2O5 par arbre (1,8
à 2,2 kg de super triple 45%) et 1000 à 1500
g K20 par arbre (2 à 3kg de sulfate de potasse).
Irrigation
En dehors des mesures d'évapotranspiration et en l'absence
d'appareil de mesure ou de contrôle (tensiomètres,
bac californien), l'expérience personnelle de l'oléiculteur
permet seule, par un compromis permanent entre la nature
du sol la densité de plantation et les variations
climatiques, d'apporter les doses nécessaires aux
besoins en eau de l'olivier. Dans certaines zones où
les précipi- tations sont de 450 à 650 mm/an,
les apports d'eau en gravitaire sont estimés à
6000 à 8500 m3/ha/an entre Mars et Septembre. En irrigation
localisée et pour une oliveraie de 400 arbres/ha (olive
de table), le volume d'eau apporté est de 3200 m3/ha/an
(capillaire d'un débit de 4 l/heure avec 4 goutteurs/arbre,
8-10 h par irrigation tous d les 3 jours). La durée
de fonctionnement du système d'irrigation est de 5
à 6 mois/an.
Taille
La taille a pour objectifs d'accroître la production,
de limiter l'alternance, de freiner le vieillissement, d'éliminer
le bois mort et le bois superflu. On distingue la taille
de forma tion, la taille annuelle d'entretien et de fructification
et la taille de régénération. La taille
de formation s'effectue en deux phases: (1) Lorsque l'arbre
atteint 1,5 m de hauteur, on veille à la formation
d'un monotronc en éliminant les branches basses et
en conservant la tige centrale et (2) lorsque l'arbre dépasse
1,50 m de hauteur, on sélectionne un maximum de 5
branches charpentières en éliminant la tige
centrale au dessus du départ d'une charpentière.
La taille d'entretien et de fructification a pour effet d'exposer
tout le feuillage à la lumière, de stimuler
l'apparition du feuillage jeune en éliminant le bois
épuisé (la feuille est le lieu de synthèse
des éléments carbonés et elle a une
durée de vie de 3 ans). Par cette taille aussi, le
rapport feuilles/bois est maintenu le plus élevé
possible et l'air doit circuler dans toute la frondaison
sans rencontrer de zones à feuillage trop dense. La
taille de régénération s'applique à
des arbres qui ont été abandonnés sans
taille ni soins depuis une longue période. Elle fait
apparaître de nouvelles branches et rend la fructification
plus accessible à la cueillette.
Maladies, ravageurs et protection phytosanitaire
Les ravageurs les plus répandues au Maroc sont :
-Les Mouches de l'olive (Dacus oleae) qui pondent des larves
dans la pulpe des fruits et entraînent leur dépréciation.
Avant de traiter, il faut effectuer des contrôles par
piégeage dans les gobe-mouche. Le traitement est déclenché
dès que la moyenne des individus capturés est
égale à 1 mouche par piège et par jour.
Utiliser le Fenthion (Lebaycid) à 0,5L/100 litres
de bouillie.
-La Teigne de l'olivier (prays oleae): Cest un papillon dont
les larves dévorent les organes (, floraux, les amandes
des fruits et le parenchyme des feuilles. Il peut causer
de graves dégâts sur la productivité
des arbres (grappes florales desséchées, olives
à terre, trouées à la hauteur du pédoncule).
Le traitement doit commencer au début de la floraison
(3 à 4% de fleurs ouvertes) et consiste en une pulvérisation
d'une solution de Bacillus thuringiensis (Bactospeine koppert)
50 g/100 l.
-Les autres ravageurs (la cochenille noire
de l'olivier (Saissetia oleae), le Psylle (EuphyluIra olivina),
le Neiroun, l'Hylesine, les Pyrales, le Thrips, l'Otiorrhynque
... etc) sont plus facilement contrôlables.
Les maladies de l'olivier sont :
-L'il de paon (Cycloconium oleaginum): tâches
arrondies sur feuilles adultes pouvant entraîner la
défoliation de l'arbre.
Lutte: traitement avec une bouillie cuprique en février
et novembre.
-La VerticiLiose (Vertidllium dahliae) maladie grave qui
affecte les oliveraies en irrigation pérenne. Une
branche ou une charpentière se dessèche brutalement.
Lutte: réduire les irrigations dans les oliveraies
en sols lourds; modérer la fertilisation azotée;
proscrire les cultures maraîchères ou oléagineuses
en intercalaire.
- La Fumagine: se développe sur les arbres touffus,
non taillés.
Lutte: aérer l'arbre par les tailles, bouillie cuprique.
- La Bactériose: (Tuberculose = Pseudomonas syringae
pv savastanoi), maladie bactérienne en progression
dans les oliveraies du nord du Maroc où l'humidité
de l'air et le gaulage favorisent sa dissémination.
Lutte: contrôle des parcs à bois des pépinières;
désinfecter les outils de taille; éliminer
les ramifications atteintes de galles et les brûler;
traiter au cuivre les plaies occasionnées par la taille
ou la chute de grêle; éviter le gaulage.
Récolte et conservation
La récolte nécessite de disposer des sacs de
cueillettes et d'échelles mobiles légères
pour améliorer la productivité et exécuter
une cueillette de qualité. L'utilisation de filets
plastiques étendus sous les arbres évite de
salir les olives. Les peignes de récolte améliorent
le rendement des cueilleurs et réduisent les lésions
sur les fruits destinés à la conserve. Suivant
le degré de maturité des fruits, ceux-ci sont
classés en:
olives vertes, tournantes, noires et noires ridées.
Le rendement d'un cueilleur sur des arbres portant en moyenne
40 kg de fruits est de 120 kg/jour 3 arbres/jour). Pour 416
arbres/ha, il faut compter 140 journées ouvrier. Il
faut éviter le transport en vrac des olives destinées
à extraction d'huile (échauffement des fruits,
lésions donnant une huile de forte acidité).
Utiliser des caisses de faible hauteur.
D'après le bulletin mensuel
d'information et de liaison du PNTTA - Ministère de
l'Agriculture et du Développement Rural - Royaume
du Maroc |